Construire un mur de soutènement : 6 règles d’or pour faire le poids

Votre jardin est en pente ? Si vous souhaitez construire une maison ou une extension, bâtir un garage enterré, aménager un chemin d’accès, créer une terrasse ou encore installer un massif de fleurs à l’horizontal, la construction d’un mur de soutènement peut se révéler utile ! Il permettra en effet de « casser » le talus, mais surtout de retenir la terre afin d’éviter les éboulements ou glissements de terrain. Avant de vous lancer, découvrez comment préparer vos travaux de maçonnerie avec succès.

Un projet à venir ?

Mur de soutènement : commencez par l’étude de sol


Première chose à savoir : un mur ou muret de soutènement ne se construit pas n’importe où et pas n’importe comment !

Il ne s’agit pas d’une simple clôture contre un talus. Ayant pour mission de retenir la forte poussée de la terre, du sable et surtout de l’eau, le mur de soutènement doit être particulièrement solide et reposer sur de bonnes fondations. Or, toutes les natures de sol ne se valent pas. Si votre terrain est par exemple constitué d’argile, de tourbe ou de vase, la construction d’un mur de soutènement sera plus complexe et plus coûteuse car elle nécessitera la mise en place de solutions particulières permettant de compenser l’instabilité du sol. D’autre part, la hauteur d’un mur de soutènement ne doit normalement pas dépasser 4 m de haut.

Adapter le mur de soutènement à la nature du sol

Pour vérifier la nature de votre sol et contrôler la faisabilité de votre projet, il est vivement recommandé de faire appel à un bureau d’études. Il vous aidera notamment à calculer la pression exercée sur le mur et à déterminer la solution capable d’y résister.

Des fondations hors gel pour le mur de soutènement

Un mur de soutènement doit évidemment être porté par des fondations robustes et suffisamment profondes pour rester à l’abri du gel. Cette profondeur varie en fonction des régions et du climat. Par exemple, si vous vivez le long des côtes Atlantique ou Méditerranéenne, 50 cm de profondeur suffisent.

En revanche, si votre terrain se situe en montagne, dans les Pyrénées, le Massif Central ou les Alpes, il faut creuser jusqu’à 1 m de profondeur selon l’altitude.

 

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Choisir la technique de construction adaptée au terrain

Mur auto-stable ou mur poids, en pierres ou en gabions… Il existe différents matériaux et techniques pour construire un mur de soutènement. Veillez à ce que votre choix se porte sur une solution en accord avec les caractéristiques de votre terrain !

Le mur de soutènement auto-stable

Ce type de mur de soutènement est construit en béton armé ou en parpaing.

On le reconnaît à sa forme de T renversé ou de L. La partie la moins longue est recouverte par la terre qui, elle-même, contribue à soutenir la structure.

En cas de présence de roches instables, des boulons d’ancrage peuvent également être ajoutés pour la stabiliser.  
 

Ses plus : il est plus économe en matériau.

Ses moins : sa mise en œuvre est complexe et nécessite un réel savoir-faire (notamment en ce qui concerne le drainage) pour éviter qu’il ne se brise.  

Le mur poids

Dans le cas d’un mur poids, c’est la masse importante de l’édifice qui permet de soutenir la pression de la terre. Il est en général très épais, en particulier au niveau de la base (là où la poussée est la plus forte). Il existe plusieurs variantes de ce genre de mur de soutènement :

Le mur en gabions

Le mur en gabions

Des cages en grillage métallique soudé d’1 à 2 m3 sont posées les unes sur les autres et remplies de cailloux (comme des galets, par exemple).

L’enrochement

L’enrochement

Le mur est constitué de gros rochers formant un talus.

Le mur en pierres sèches

Le mur en pierres sèches

Cette technique très ancienne (elle existe depuis l’Antiquité !) consiste à empiler des pierres naturelles sans les lier à l’aide d’un ciment ou d’un mortier.

Le mur végétalisé ou atalus

Le mur végétalisé ou atalus

Ce sont ici des sacs de sable et des demi-cercles en béton, dans lesquels peuvent être plantés des fleurs ou autres végétaux, qui constituent le mur.

Ses plus : sa construction est un peu moins technique que celle d’un mur auto-stable. De plus, il dispose en général de bonnes qualités drainantes (l’eau peut filtrer entre les pierres ou le sable).

Ses moins : il est plus coûteux en matériau.

Les conseils de l'expert L'Artisan

Il existe aussi des murs de soutènement en terre armée® dédiés aux sols instables (en argile, par exemple). Ces derniers présentent un avantage esthétique : ils peuvent être couverts d’un parement en écailles préfabriquées pour un rendu plus propre.

L'Artisan

Mur de soutènement et évacuation des eaux

Pour qu’un mur de soutènement soit solide, il faut aussi prêter une attention toute particulière au drainage, c’est-à-dire à l’évacuation des eaux. Ces dernières doivent pouvoir passer à travers le mur afin d’éviter de le pousser, de créer des fissures et de le briser.

Pensez donc, en amont, à l’installation d’un système de drainage :
 

  • Soit naturel, si votre mur est constitué d’un matériau doté de qualités drainantes (roches, pierres…), comme c’est souvent le cas pour les murs poids : l’eau passera alors toute seule dans le mur.
     
  • Soit via la mise en place de drains réguliers ou de barbacanes, depuis la base du mur jusqu’au sommet, si votre mur est en béton armé ou en parpaing. Cela permet d’abaisser le plus possible le niveau d’eau derrière le mur. Selon le type de sol, une natte drainante peut également être posée derrière l’édifice et collecter les eaux en pied de mur.

Quel prix pour un mur de soutènement ?

Le prix d’un mur de soutènement dépend d’un certain nombre de critères : la technique et les matériaux choisis, la complexité des travaux et la nature du terrain, les dimensions du mur… Comptez à partir de 150 € le m² pour un mur seul, système de drainage inclus.

Il faut aussi prévoir le coût du terrassement qui peut faire grimper la note. Il varie en fonction des frais liés au déplacement d’une ou plusieurs machines, de la possibilité de stocker les déblais sur place ou non, de la nature du sol, du besoin d’étayer… Par exemple, comptez environ 300 € le m³ pour un terrassement d’au moins 30m³ avec stockage des déblais sur place et aucun étayage. Dans tous les cas, pensez à estimer le coût de vos travaux et à comparer plusieurs devis !

 

Trouver le bon professionnel

On ne s’improvise pas maçon et terrassier, notamment quand il s’agit de travaux aussi techniques et délicats que la construction d’un mur de soutènement ! Pour éviter les erreurs de calcul et les défauts de pose, faites appel sans hésiter à un artisan qualifié. Son rôle est de vous orienter vers la bonne technique et de conduire le chantier dans les règles de l’art.

 

 

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