Rénovation en copropriété : quelles aides au financement ?
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[Article mis à jour le 26 janvier 2026] À première vue, les travaux de rénovation énergétique et d’accessibilité des immeubles collectifs semblent coûteux et complexes à mettre en place. Pourtant, des aides financières publiques permettent d’alléger sensiblement la note. Le point sur les dispositifs existants pour les copropriétés, avec les dernières mises à jour ...
La première chose à savoir avant de se lancer dans des travaux de rénovation énergétique au sein d'un immeuble collectif, c'est que ce type de travaux doit respecter un cadre réglementaire, présenté dans ce tableau de l’Institut National de la Consommation. Ce petit préambule effectué, passons en revue les principales aides qui permettent d'alléger la notes des travaux réalisés au sein d'une copropriété.
MaPrimeRénov' Copropriétés
Depuis le 1er octobre 2020, l'aide MaPrimeRénov’ est accessible aux propriétaires d’un logement en résidence principale. Ce dispositif alloue une prime forfaitaire pour financer la rénovation énergétique entrepris, dont le montant est indexé sur les revenus du ménage.
Ayant remplacé le Crédit d’Impôt Transition énergétique (CITE), MaPrimeRénov' Copropriétés s'adresse aux immeubles de plus de 15 ans. Elle permet de financer des travaux globaux plus efficaces qu'une rénovation "par gestes" individuels.
Les conditions d'éligibilité en 2026
Pour bénéficier de cette aide collective, plusieurs critères doivent être réunis :
- Usage : la copropriété doit être composée d'au moins 75 % de résidences principales (ou 65 % pour les copropriétés de 20 lots ou moins).
- Immatriculation : l'immeuble doit être inscrit au registre national des copropriétés.
- Performance : les travaux doivent garantir un gain énergétique minimal de 35 % (calculé sur la consommation d'énergie primaire).
- Professionnels : le chantier doit être réalisé par des entreprises RGE et être encadré par une Assistance à Maîtrise d'Ouvrage (AMO), désormais souvent identifiée sous le label "Mon Accompagnateur Rénov".
Travaux éligibles et plafonds de financement
| Taux de prise en charge | Condition de gain énergétique |
|---|---|
| 30 % du montant HT | Pour un gain énergétique ≥ 35 % |
| 45 % du montant HT | Pour un gain énergétique ≥ 50 % |
Les postes de travaux concernés :
- Isolation thermique (toitures, planchers bas...).
- Remplacement des systèmes de chauffage par des énergies renouvelables (pompes à chaleur collectives, chaufferies biomasse).
- Ventilation performante (VMC double flux).
- Remplacement des menuiseries en parties communes.
Bonus et aides complémentaires
Le dispositif 2026 renforce le soutien aux copropriétés les plus précaires ou les plus énergivores :
- Bonus Sortie de Passoire (+10 %) : indispensable depuis l'interdiction de louer les logements classés G (janvier 2025), ce bonus s'applique si les travaux permettent de quitter les classes F ou G pour atteindre au moins la classe D.
- Bonus Copropriété Fragile (+20 %) : pour les copropriétés présentant un taux d'impayés supérieur à 15 % ou situées en quartier prioritaire (QPV).
- Aides individuelles (Coup de pouce) : en plus de l'aide collective, les ménages modestes reçoivent une prime complémentaire : 3 000 € pour les revenus Très Modestes, 1 500 € pour les revenus Modestes.
Les primes CEE, pour les copropriétés aussi
Depuis le 1er janvier 2021, les copropriétés peuvent bénéficier des certificats d’économie d’énergie (CEE), dans le cadre du programme Coup de pouce rénovation globale. Ces aides versées par les « obligés », c’est-à-dire les fournisseurs d’énergie selon le principe du « pollueur-payeur » dépendent des économies d’énergie. Elles sont en moyenne de 2 000 euros par logement.
L’éco-prêt à taux zéro : un financement plus aisé
L’éco-prêt à taux zéro (éco-PTZ) est accessible à tous les propriétaires individuels qui réalisent des travaux de rénovation énergétique dans une résidence principale, avec un plafond réhaussé à hauteur de 50 000 € (contre 30 000 € précédemment).
Mais il est aussi tourné vers les copropriétés, pour les travaux d’efficacité énergétique visant les parties communes ou les travaux d’intérêt collectifs réalisés sur des parties privatives. Pour bénéficier de ce prêt, il faut soit atteindre un certain niveau en termes de performance énergétique (performance qui sera estimée par un bureau d’études thermiques), soit réhabiliter un système d’assainissement non collectif par un dispositif ne consommant pas d’énergie, soit mener l’un des travaux suivants :
-
L’installation ou le remplacement d’un système de chauffage ou de production d’eau chaude sanitaire,
-
L’isolation de la toiture et des murs,
-
Le remplacement des portes, fenêtres et portes-fenêtres,
-
L’installation d’un chauffage ou d’un équipement de production d’eau chaude utilisant une source d’énergie renouvelable.
Un dispositif cumulable
L’éco-PTZ individuel est cumulable avec l’éco-PTZ collectif, à condition que les travaux globaux soient conséquents. Par exemple, votre PTZ individuel peut financer les évolutions énergétiques de votre logement, tandis que le PTZ collectif va subventionner les parties communes, comme les fenêtres des couloirs ou l’isolation des combles de l’immeuble...
Dans tous les cas, le montant cumulé de la part d’eco-ptz reçu au titre de la copropriété et celui demandé à titre individuel ne peut pas dépasser le plafond des 50 000 €.
Enfin, ces deux dispositifs sont cumulables avec les aides des collectivités territoriales, les certificats d’économies d’énergie et le prêt à taux zéro pour l’accession à la propriété. Sachez aussi que l’on peut cumuler éco-PTZ et MaPrimeRénov', sans condition de ressources.
D’autres aides peuvent soutenir les copropriétés
Quand une copropriété veut résoudre un problème d’insalubrité ou de faiblesse énergétique, elle peut bénéficier d’aides des collectivités locales comme la région, le département ou la ville de résidence. La condition qui s’applique alors est la suivante : l’immeuble en question doit être intégré à une Opah, à une Opération programmée d’amélioration thermique des bâtiments (OPATB) ou encore à une démarche décrétée par une collectivité.
Si les travaux sont accompagnés par l’Anah dans le cadre du dispositif MaPrimeRénov', les subventions peuvent se cumuler dans la limite de 80% de la facture.
Dans tous les cas, renseignez-vous auprès de l’Agence nationale pour l’information sur le logement (Anil), de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) et de l’Anah.
Vous pouvez également vous rapprocher des collectivités territoriales afin de prendre connaissance des programmes d’amélioration locaux et découvrir les opérateurs missionnés.