Zoom sur les isolants biosourcés

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Pour réaliser l’isolation thermique par l’intérieur ou l’extérieur d’un bâtiment, il est nécessaire d’avoir recours à un d’isolant. Jusque-là, rien d’obscur… Mais le professionnel en charge des travaux peut alors vous conseiller différents types d’isolants, dont ceux appartenant à la famille des isolants biosourcés. L’isolant se compose alors principalement de matière première d’origine animale ou végétale. Pourquoi opter pour un isolant biosourcé ? Quels sont les différents isolants biosourcés et comment les choisir dans le cadre de votre projet d’isolation ? On fait le point !

Les isolants biosourcés

Les bonnes raisons de choisir un isolant biosourcé

Isoler son logement, c’est le tout premier geste à faire pour l’Environnement. En optant pour un isolant biosourcé, vous choisissez de privilégier un matériau issu de matières premières naturelles renouvelables. Dans un contexte ou la réduction des émissions de Co2 est une priorité, ces isolants présentent l’intérêt d’être fabriqués à base d’une matière première qui est un puits de carbone : en effet, les matières premières végétales telles que le bois, le chanvre, le coton, le lin, captent le Co2 contenu dans l’atmosphère pour pousser.

De plus, que vous construisiez ou envisagiez une éco-rénovation, si l’isolant biosourcé provient de ressources locales, son bilan transport sera plus léger, ce qui permettra de minimiser l’impact carbone de votre projet d’isolation.

Techniquement, si vous décidez de faire labelliser votre habitation « bâtiment biosourcé », l’isolant utilisé dans ce bâtiment doit répondre à 3 critères obligatoires :

  • Détenir une FDES (Fiche de Déclaration Environnementale et Sanitaire), document qui synthétise ses impacts environnementaux à toutes les étapes du cycle de vie du produit : extraction des matières premières, fabrication, installation, utilisation, fin de vie et transports intermédiaires. Cette FDES est basée sur une analyse de cycle de vie encadrée et normée, réalisée par le fabricant et doit être validée par une tierce partie indépendante.

  • Avoir un étiquetage sanitaire A ou A+, validant que le produit émet donc très peu de polluants dans l’air intérieur

  • Et dans les cas où l’isolant biosourcé est composé de bois ou de dérivés du bois, pouvoir attester d’une gestion durable des forêts dont il provient (label PEFC par exemple).

L’analyse du cycle de vie d'un matériau

Exemple de résultat d'une analyse du cycle de vie

Du côté du confort acoustique, les isolants biosourcés sont généralement de nature fibreuse et affichent donc souvent de très bonnes capacités d’isolation phonique. Selon vos exigences de confort et le niveau sonore de l’environnement de votre habitation, veillez à vérifier que leur performance acoustique corresponde à ce que vous recherchez. Comme pour les isolants traditionnels, n’hésitez pas à opter pour une résistance supérieure à vos exigences de 5dB pour pallier l’écart de performance lié à la réalisation chantier.

Dans tous les cas, pour un usage en neuf comme en rénovation, les isolants biosourcés relèvent de la procédure d’avis technique. Cela signifie que leur mise en œuvre pour l’emploi visé doit être prouvée et éprouvée.

Vérifiez bien avant de lancer votre projet que votre isolant biosourcé bénéficie d’un avis technique garantissant sa compatibilité avec le type d’isolation envisagé.

Comme tous les isolants, les produits biosourcés doivent être mis en œuvre avec une membrane pare-vapeur ou frein vapeur, selon les configurations et les règles de l’art, et les recommandations des fabricants.

Quant à l’impact carbone des isolants biosourcés, si l’on peut avoir tendance à croire qu’il est forcément plus vertueux que celui des isolants dits conventionnels, c’est une idée préconçue ! Il convient en effet de ne pas seulement prendre en compte l’énergie grise de l’isolant mais de se baser sur l’analyse du cycle de vie du matériau qui est juge de paix en la matière, en mesurant l’impact de l’isolant depuis l’extraction des matières premières nécessaires à sa fabrication jusqu’à sa fin de vie. qui est juge de paix en la matière, en mesurant l’impact de l’isolant depuis l’extraction des matières premières nécessaires à sa fabrication jusqu’à sa fin de vie. Les  matières biosourcées issues de gestion durable peuvent se démarquer des autres produits par leur capacité à stocker du CO2, ce qui accorde un bénéfice durant leur vie en œuvre, avant que le carbone stocké ne soit réémis en fin de vie. 

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Les principaux isolants biosourcés

Fibres naturelles, bois, laine animale… Les isolants biosourcés sont nombreux ! Voici une liste non exhaustive des principaux utilisés en construction et en rénovation.

Isoler à la laine de coton

Cet isolant biosourcé est généralement composé de coton industriel recyclé. La laine de coton est alors fabriquée avec les chutes de vêtements directement transmis par les industriels ou par les associations comme Emmaüs. Elle est conditionnée sous trois formes : en panneaux, en rouleaux ou en vrac. Selon son conditionnement, elle peut être utilisée pour l’isolation par l’intérieur des murs, des plafonds, des combles perdus ou des rampants de toiture. 

Intégrant elle aussi jusqu’à 15% de liant en fibre polyester, elle doit également être traitée contre les champignons, contre les insectes et le feu. Sa conductivité thermique varie de 0.039W/m.K à 0.050W/m.K. Le coton peut aussi être associé à d’autres matières premières comme le chanvre et le lin. 

Isoler à la ouate de cellulose

La ouate de cellulose est produite par le recyclage de journaux invendus, de résidus de scieries et de chutes de papeterie. Pour résister au feu et à la moisissure, la matière première est cependant traitée, généralement au sel de bore. Ces traitements pouvant avoir un impact sur la qualité de votre air intérieur, veillez à bien regarder l’étiquetage réglementaire du produit que vous souhaitez faire installer.

Côté environnement, son processus de fabrication permet de valoriser les déchets. La ouate de cellulose se présente sous deux formats : en vrac, pour lequel il est nécessaire de prévoir une quantité d’isolant plus importante au soufflage pour pallier son pourcentage de tassement dans le temps, ou en panneaux. Elle peut être utilisée pour l’isolation des combles perdus, l’isolation des murs par l’intérieur et celle des plafond et rampants de toiture. Sa conductivité thermique varie de 0.038 W/m.K à 0.041W/m.K.

Isoler à la laine de chanvre

Le chanvre peut être employé pour l’isolation des combles perdus, des rampants de toiture, celle des murs par l’intérieur et, selon son conditionnement et ses caractéristiques techniques, pour celle des sols et planchers. Pour son usage en sous couche en sol, comme tous les autres isolants, il doit justifier d’un classement SC1 ou SC2. Il est conditionné sous différentes formes : en rouleaux, en panneaux, en vrac ou en briques (béton de chanvre). 

Côté environnement, sa production ne nécessite pas d’insecticide mais parmi les isolants biosourcés d’origine végétale, la laine de chanvre est celle qui présente la plus forte consommation d’eau sur l’ensemble de son cycle de vie. 15% de liant à base de polyester sont ajoutés à la matière première pour constituer un matelas fibreux, et sa fabrication intègre également un traitement antifongique. 
Ceci étant dit, en choisissant l’isolation en chanvre, on privilégie les circuits courts car la France est le premier producteur européen de chanvre. 

Côté isolation, avec une conductivité thermique variant de 0.038 W/m.K à 0.050W/m.K, il affiche selon les produits des performances thermiques correctes à bonnes. Pour une protection efficace contre le froid et contre la pénétration de chaleur en période estivale, il faut donc opter pour un isolant au lambda le plus faible possible. Enfin, sa nature fibreuse en fait aussi un très bon candidat pour l’isolation acoustique.

Résistance au feu et classement sanitaire des produits isolants à base de chanvre sont à regarder au cas par cas.

Isoler à la laine de bois

La laine de bois est réalisée à partir de longs copeaux de bois issus d’un processus de rabotage et généralement agglomérés en processus humide. Ces derniers sont liés avec un mélange minéral (ciment et chaux, magnésite ou plâtre) puis séchés pour former des plaques rigides. 

Cet isolant biosourcé s’utilise aussi bien pour l’isolation des murs par l’extérieur et l’intérieur que pour celle de la toiture et des plafonds. Son principal intérêt réside dans sa grande résistance mécanique : les plaques de laines de bois ne se tassent pas. Par contre, elle offre une faible résistance au feu et est donc généralement traitée pour être ignifugée.

Côté environnement, pour que le choix soit judicieux et comme évoqué plus haut, il est important de faire attention à la provenance du bois entrant dans la fabrication. Côté qualité de l’air, vérifiez le classement sanitaire du produit que vous envisagez de poser afin de viser les produits classés A ou A+.

Selon sa masse volumique, la conductivité thermique de la laine de bois varie de 0,038 à 0,050 W/m.K.

Isoler à la fibre de bois

L’isolant en fibre de bois est à distinguer de l’isolant en laine de bois. Il est composé de résidus de bois issus des scieries, associés généralement par procédé sec. Il est parfois traité pour résister aux champignons et aux moisissures. Les isolants en fibre de bois sont également composés d’un liant (fibres de polyester), à hauteur de 8 à 10%, pour permettre un conditionnement en matelas laineux. 

On trouve deux types d’isolants fibre de bois : 

  • Les isolants souples (également appelés semi-rigides, ou encore flex), principalement réservés à un usage intérieur (doublages de murs, rampants, combles, cloisons) 

  • Les isolants en fibre de bois rigide, dédiés au sarking ou à l’ITE (pour les façades ventilées sous bardage, ou les façades non ventilées sous enduit et dans ce cas l’avis technique émane des fabricants d’enduits)

L’isolant en fibre de bois est dotée de bonnes performances acoustiques et sa conductivité thermique de 0,036 à 0,038 W/m.K selon les produits pour les panneaux semi-rigides en fait l’isolant le plus performant de sa catégorie. Sous la forme de panneaux rigides, il présente une conductivité thermique de 0,038 à 0.046 W/m.K.

Il possède par ailleurs un bilan environnement très favorable : utilisation de ressources locales, intégration de matières premières issues du recyclage, captation carbone du bois, etc.
Un bémol, son recyclage en fin de vie car aujourd’hui les filières n’existent pas encore pour ce matériau encore relativement jeune. Un vrai point d’amélioration à travailler pour devenir encore plus performant !

Si la résistance de la fibre de bois au feu n’est pas fantastique, il existe des produits spécifiquement traités pour la renforcer.

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Quel isolant biosourcé choisir ? 

On aurait pu également citer l’isolant en laine de lin, la laine animale, la fibre de coco ou encore la paille, le chaume… Les alternatives sont nombreuses mais le choix de son isolant biosourcé suppose de la vigilance. 

En premier lieu, lorsque vous choisissez un isolant biosourcé, pensez bien à vérifier qu’il bénéficie d’un avis technique visé pour l’application envisagée : les isolants biosourcés proposent différents conditionnements, à choisir en fonction des caractéristiques de votre bâti et de la paroi à isoler. Vérifiez également qu’il bénéficie d’une certification ACERMI et que le professionnel en charge de la mise en œuvre est qualifié RGE et qu’il est familier des conditions de mise en œuvre de ce type de matériaux. La qualification RGE est d’ailleurs un prérequis si vous souhaitez pouvoir bénéficier des aides à la rénovation énergétique dans le cadre de votre projet d’isolation.

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Ensuite, en fonction de leur résistance thermique, une épaisseur plus ou moins importante d’isolant sera nécessaire à l’obtention d’une bonne isolation, ce qui aura un impact sur votre surface habitable pour l’isolation des murs par l’intérieur. Une donnée à regarder de près, donc.

Le stockage des isolants biosourcés peut être sensible. Selon le produit, les palettes doivent demeurer intactes avant son utilisation, sans détérioration de l’emballage initial prévu par le fabricant ou le stockage doit se faire au sec, en intérieur. De même - nous l’avons déjà dit, mais c’est vraiment un point crucial -, pour rester sains et efficaces dans le temps, cette pose doit se faire selon les règles de l’art spécifiées dans les DTU et dans le respect des prescriptions édictées par les CPT (Cahier de Prescription Technique) et Avis Techniques ou guides de mise en oeuvre propres à chaque isolant (en association avec une membrane pare-vapeur pour l’isolation par l’intérieur ou en sarking/isolation sur platelage) afin que l’humidité puisse « circuler » dans la paroi et ne reste pas bloquée dans l’isolant.

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