Isolation thermique de l’habitat

L'isolation est l'une des premières choses à prendre en compte lorsque l'on parle de bien-être thermique et d'habitat mieux tempéré. Une maison mieux tempérée, c’est un bâtiment dans lequel on ne souffrira pas des fortes variations de températures extérieures, grâce à l’isolation et ses compléments.

Découvrez dans ce guide : 

Pourquoi isoler votre logement ?

Si dans l’inconscient collectif, l’isolation permet prioritairement se protéger du froid, elle est tout aussi importante pour se protéger des pics de chaleur car chaud et froid se diffusent de la même manière, en s’immisçant dans les failles de votre maison, visibles ou invisibles.
 

Améliorer votre confort au quotidien

Avec une isolation efficace vous gagnerez en confort. Plus besoin de sur-solliciter votre chauffage en hiver pour être sûr de ne pas avoir de sensation de froid.

Vous êtes certain que votre maison restera bien au chaud et ne laissera pas la chaleur s’échapper de votre chez-vous. Une bonne isolation améliorera de façon certaine votre bien-être. Elle vous garantira un intérieur plus tempéré en hiver avec moins de courants d’air froids et une protection contre les fortes chaleurs en été. L’isolation vous offre par la même occasion un confort acoustique neutralisant les nuisances sonores extérieures. Parfait si votre habitation est située dans un environnement urbain ou près d’une route. Veillez à choisir la bonne solution d’isolation pour qu’elle allie performances thermiques et phoniques. N’hésitez pas à demander conseil à votre artisan pour savoir laquelle est la plus adaptée à vos besoins.

La valorisation de votre patrimoine

Refaire l’isolation de votre maison est une bonne opportunité de revaloriser votre patrimoine.

Comment ? Grâce au Diagnostic de Performance Énergétique (DPE). L’isolation améliore votre diagnostic énergétique en réduisant votre consommation de chauffage. La note de votre maison est donc revue à la hausse, ce qui augmente également sa valeur : une étude réalisée en 2015 d’après les bases notariales BIEN et PERVAL constate que le prix à la revente d’un bien augmente en moyenne de 5%  par lettre de DPE gagnée.

Vous pouvez faire réaliser un DPE avant et après les travaux d’isolation. De ce fait, vous saurez anticiper les travaux au mieux et constater leur efficacité par la suite. Faites appel à un professionnel agréé pour réaliser ce diagnostic : c’est obligatoire pour que votre DPE soit valable, et c’est aussi une condition pour pouvoir profiter du Crédit d’Impôt Transition Énergétique qui vous permettra d’en financer 30%. Les prix peuvent varier d’un professionnel à un autre car ils ne sont pas réglementés. N’hésitez donc pas à demander plusieurs devis à plusieurs diagnostiqueurs avant de faire votre choix.

Des économies d’énergie non négligeables

En isolant efficacement votre maison, vous ferez d’importantes économies d’énergie. Par exemple, une toiture mal isolée laisse près de 30% de votre consommation s’échapper. 30% de votre consommation, ce n’est pas rien. Ne pas agir reviendrait à littéralement jeter l’argent par les fenêtres en chauffant dehors. 

L’isolation est un investissement rentable : c’est le moyen le plus sûr de faire des économies et de contribuer aux enjeux de réductions de gaz à effets de serre.  Il permet de réduire considérablement vos consommations de chauffage l’hiver mais aussi de climatisation en été. Il vous fera aussi faire des économies indirectes, par exemple en vous évitant la pose d’un modèle plus puissant de chauffage ou de climatisation.

Aussi, il fera de vous un consommateur responsable : en isolant votre maison et donc en consommant moins d’énergie, vous soulagerez un peu notre belle planète. Il s’agit donc d’un acte citoyen.

Des aides aux travaux de rénovation énergétique pour alléger la facture

Pour accompagner la transition énergétique, l’Etat encourage de plus en plus les particuliers à isoler leur logement en mettant en place des aides financières.

Il existe pour vous aider à financer les travaux d’isolation le Crédit D'impôt Transition énergétique (CITE), mais aussi l’éco-prêt à taux zéro, un taux de TVA réduit à 5,5%, et même des aides plus importantes pour les ménages à revenus modestes. Certaines de ces aides sont même cumulables : ainsi, vous pouvez cumuler le CITE avec l’éco-prêt à taux zéro (éco-PTZ).
Bon à savoir : pour pouvoir bénéficier des aides aux travaux de rénovation énergétique telles que le CITE et l’Eco-PTZ, vous devez confier la réalisation de vos travaux à des artisans reconnus garants de l’environnement (RGE) et les matériaux utilisés doivent répondre à un niveau de performance certifiée minimal. 

Bien isoler son logement : par où commencer ?

Si vous ressentez une sensation de froid persistante chez vous, que vous avez du mal à chauffer une pièce, que vous avez l’impression de vivre au milieu des courants d’air, c’est que votre logement est vraisemblablement sujet aux déperditions thermiques. 

Les déperditions thermiques, c’est le phénomène de perte d’énergie lorsque la température extérieure est plus faible que la température intérieure : la chaleur s’échappe plus ou moins de votre logement par ses points faibles.

Dans un bâtiment mal isolé, les déperditions thermiques se répartissent en moyenne de la façon suivante :

  • La toiture : 25 à 30%
  • Les murs extérieurs : 20 à 25%
  • Les infiltrations d’air et la ventilation : 20 à 25%
  • Les parois vitrées (fenêtres, baie, etc…) : 10 à 15%
  • Le plancher bas : 7 à 10%
  • Les ponts thermiques (points de jonction dans la structure du bâtiment) : 5 à 10%

 

Isoler son logement revient à mettre en place une enveloppe efficace, adaptée à chaque zone, qui va limiter ces déperditions thermiques. 

En fonction de son habitation, on ne priorisera pas les travaux d’isolation de la même façon. Ainsi, en maison individuelle, il est conseillé de commencer par isoler ses combles perdus ou sa toiture (principale source de pertes d’énergie) et ses murs. En appartement, il sera plus simple de commencer par isoler ses fenêtres, les autres travaux d’isolation se faisant généralement à l’échelle de la copropriété. 

Quelle isolation privilégier ?

L’isolation thermique d’un bâtiment est un compromis entre 3 éléments principaux : l’efficacité énergétique du bâtiment, la nature du bâti et l’optimisation de l’espace habitable. En fonction de la zone de votre logement que vous souhaitez isoler, il existe plusieurs techniques répondant à des besoins et à des contraintes différentes. Passons en revue ces différentes techniques d’isolation, zone par zone.

L’isolation des combles perdus

On appelle combles perdus les combles qui ne sont pas aménageables en l’état, soit parce que la hauteur sous rampants n’est pas suffisante, soit parce que leur plancher n’est pas suffisamment porteur. Si vous envisagez d’aménager vos combles dans un avenir proche, mieux vaut anticiper et opter pour l’isolation de la toiture.

L’isolation des combles perdus d’une maison se fait selon 3 grandes techniques qui dépendent de leur configuration (type de plancher et type de charpente) et de leur facilité d’accès. 

L’isolation à dérouler est  idéale pour les combles faciles d’accès. Une ou plusieurs couches de laine minérale en rouleaux déployées sur le sol vous garantiront un résultat optimal. 

Pour les combles plus difficiles d’accès ou présentant des solives apparentes ou de nombreuses fermettes au sol, ce sont les solutions dites à épandre ou à souffler qui seront préconisées, pour former un matelas épais de flocons de laines minérales au sol.

Dans tous les cas, il faut bien veiller à la parfaite couverture du sol par l’isolant pour ne pas recréer de points de déperditions de chaleur (présence de points froids). La mise en place d’un pare vapeur entre le plancher et la couche d’isolant est également recommandée pour éviter tout phénomène de condensation.

 

L’isolation de la toiture et des combles aménagés

Pour isoler une toiture ou des combles aménagés (ou aménageables), il existe deux grandes techniques : l’isolation par l’intérieur et l’isolation par l’extérieur.
 

  • L’isolation thermique par l’extérieur (ITE) : comme son nom l’indique, l’isolation thermique par l’extérieur (ITE) s’applique directement sur la charpente après avoir déposé la couverture (tuiles, ardoises). Une fois l’isolation par l’extérieur réalisée, l’artisan repose les tuiles précédemment déposées ou en pose de nouvelles. Car l’ITE est aussi l’occasion de changer sa couverture si cela s’avère nécessaire.
     
  • L’isolation thermique par l’intérieur (ITI) : cette technique consiste à isoler les rampants de toiture et les pieds de pentes du toit par l’intérieur. L’isolant est mis en œuvre à l’intérieur des combles, plaqué le long des rampants de la toiture et des pieds de pentes du comble. Pour une isolation performante, il faut penser à l’étanchéité à l’air grâce à l’installation d’une membrane d’étanchéité à l’air (qui laissera cependant « respirer » la maison), le tout étant ensuite recouvert d’un parement (généralement en plaque de plâtre).

Si vous rénovez votre toiture ou si vous souhaitez conserver la charpente des combles et les poutres apparentes, optez pour une isolation thermique par l’extérieur. Cette dernière laisse la décoration intérieure intacte et permet de redresser la charpente en cas de déformation des chevrons. Sachez cependant qu’elle est plus délicate à mettre en œuvre dans le cadre d’une rénovation que d’une construction neuve. 

Au préalable, demandez à un couvreur d’établir un diagnostic de la charpente et un calcul de charge. Et renseignez-vous sur les éventuelles  déclarations à faire (en cas d’ITE si la toiture donne sur rue, dans tous les cas si vous déplacez une fenêtre de toit…). 

Si votre toiture est en bon état et que vous ne souhaitez pas spécialement conserver la charpente en l’état, l’isolation thermique par l’intérieur est à privilégier. C’est une solution idéale pour rénover des combles aménageables.

 

L’isolation des murs

Comme pour l’isolation de la toiture, l’isolation des murs peut se faire soit par l’intérieur, soit par l’extérieur. 

Avec l’isolation thermique par l’intérieur, chaque pièce peut être isolée de façon séquencée, même s’il est bien évidement préférable d’isoler l’ensemble des murs du logement en une seule opération pour obtenir une meilleure performance énergétique et optimiser le coût des travaux.

Plusieurs techniques existent : soit le doublage sur ossatures intégrant des laines minérales ou d’autres isolants performants comme les isolants sous vide avant l’installation de parement de plaques de plâtres, soit le doublage collé avec des plaques de polystyrène ou panneau de laines minérales directement collés sur les murs.

Par l’extérieur, c’est l’intégralité de la façade qu’il faudra isoler et dans ce cas, pas de perturbations ou de changement de décoration intérieure à prévoir ! L’isolation par l’extérieur est une technique intéressante en cas de façade dégradée : elle permet de combiner nouvelle façade et isolation performante des murs extérieurs car elle résout les déperditions par ponts thermiques (la jonction du plancher et des murs par exemple).

A l’occasion de gros travaux sur l’extérieur, quitte à être obligé de rénover sa façade autant faire d’une pierre deux coups en embarquant  l’Isolation Thermique par l’extérieur (ITE) des murs.

Choisir la meilleure isolation pour sa toiture et ses murs

L’isolation thermique par l’intérieur (ITI) et l’isolation thermique par l’extérieur (ITE) ont des objectifs communs : renforcer l’isolation thermique et acoustique et s’assurer de la bonne étanchéité à l’air de la toiture et des murs. Les deux techniques présentent chacune leurs avantages et leurs inconvénients.
 

Votre choix va dépendre du résultat esthétique induit par telle ou telle technique, de l’état de l’existant, de ce que les règles d’urbanisme de votre commune vous autorisent à faire, de l’efficacité globale du dispositif rapporté à la configuration de votre logement, tant d’un point de vue thermique qu’acoustique. Le point pour savoir quel est le procédé le plus adapté à votre logement et à votre projet.

Les avantages et inconvénients de l’Isolation Thermique par l’Intérieur

Avantages : 

  • L’isolation thermique par l’intérieur (ITI) ne modifie pas l’apparence extérieure de votre maison.
     
  • Elle permet l’arrivée de l’électricité et de l’eau de façon esthétique dans les différentes pièces grâce aux systèmes de doublage qui permettent le passage des gaines et conduits en toute discrétion.
     
  • Elle s’accompagne de la remise à neuf des revêtements muraux intérieurs.
     
  • Son coût au mètre carré est moins élevé que celui de l’ITE.


Inconvénients :

  • L’isolation thermique par l’intérieur (ITI) réduit l'espace habitable.
     
  • Une attention particulière et un traitement spécifique doivent être apportés pour résoudre les déperditions par ponts thermiques (jonction plancher et murs par exemple) 
     
  • Si votre intérieur est déjà aménagé mais qu’il est nécessaire de refaire toute l’isolation, vous serez contraint de vider totalement l’espace le temps des travaux et de faire refaire totalement la décoration (peinture, papier peint…) une fois l’isolation posée.
     
  • Les travaux d’isolation par l’intérieur peuvent générer des salissures dans toute l’habitation. Même si les professionnels, habitués à intervenir dans des maisons habitées, protègent les sols et nettoient le chantier et les zones où ils ont circulé, une fois l’intervention terminée, il vous faudra procéder à un ménage de fond dans toute l’habitation, les poussières ayant tendance à s’introduire partout. 

Les avantages et inconvénients de l’Isolation Thermique par l’Extérieur

Avantages :

  • L’isolation thermique par l’extérieur (ITE) ne réduit pas l’espace habitable.
     
  • Elle permet de combiner isolation performante et nouvelle toiture ou nouvelle façade.
     
  • Elle traite efficacement les ponts thermiques, car l’isolation est continue autours des éléments de la maison.
     
  • L’isolation se faisant par l’extérieur, vous évitez de salir l’intérieur de votre maison.
     
  • Autre avantage et non des moindres : avec l’ITE, il est possible de faire réaliser les travaux tout en occupant les lieux, un vrai plus pour les habitants !
     

Inconvénients :

  • L’ITE augmente l’épaisseur de votre couverture ou le coefficient d’emprise au sol de vos murs, ce qui modifie l’esthétique extérieure de votre maison et suppose d’effectuer des démarches en mairie en amont des travaux. Pour isoler votre maison par l’extérieur, vous devez consulter les règles d’urbanisme de votre commune et, dans certaines zones, obtenir l’accord des architectes des bâtiments de France (ABF).
     
  • Ce type d’isolation peut ne pas convenir à certains styles architecturaux car il peut les dénaturer
     
  • Son prix au mètre carré est légèrement plus élevé que celui de l’ITI car il intègre le prix des travaux en hauteur et des nouveaux matériaux de façade ou de couverture.

L’isolation des planchers

Le plancher bas (qu’il soit sur vide sanitaire ou sur terre-plein) constitue une autre source de déperdition. 7 à 10% de la chaleur est perdue par le plancher. L’isolation thermique du plancher bas doit dans ce cas être envisagée et les solutions mises en place varient selon la nature du plancher et sa configuration (chauffant ou non).

Pour un plancher sur terre-plein, la pose d’isolant se fait en ajoutant une couche d’isolation, souvent sous la forme d’un matériau rigide (synthétique ou laine minérale) avant la pose d’une chape et du revêtement de sol souhaité.

Pour un plancher sous vide sanitaire, l’installation d’une isolation peut se faire par le dessus comme pour le plancher sur terre-plein ou par le dessous, dans le vide sanitaire en fonction de son accessibilité.

 

L’isolation des fenêtres et autres ouvertures

Les ouvertures, c’est-à-dire les fenêtres, baies et autres portes d’entrée, peuvent elles aussi causer des déperditions thermiques en cas de simple vitrage ou de menuiserie vieillissante. 

Ainsi, remplacer ses vieilles fenêtres par des modèles plus performants est un bon moyen de gagner en efficacité thermique, et donc en confort et en économies d’énergie.

Pour les fenêtres, les matériaux et finitions sont divers : aluminium, bois ou PVC, toutes offrent des performances thermiques entrant dans les normes d’isolation thermique. 

C’est surtout le type de double voir triple vitrage qui fera la différence, ce dernier étant réservé aux façades fortement exposées. D’autres critères comme l’esthétique ou l’isolation phonique par exemple vous permettront de finaliser vos choix. Pour les portes, même constat côté diversité de matériaux et performances.

Pour terminer ce tour d’horizon, il ne faut pas oublier les volets qui, s’ils garantissent sécurité et intimité, sont aussi de bons compléments d’isolation, notamment l’été quand il s’agit de se protéger du soleil. Coulissants, ils pourront être motorisés voir programmés. Battants, ils rehausseront la décoration de la façade en étant coordonnés aux restes de vos menuiseries extérieures.

La réduction des ponts thermiques

Jonction entre la toiture et les murs, entre les murs et les planchers, entre les murs et les menuiseries… On appelle ponts thermiques tous les points singuliers de votre habitat où on constate une discontinuité dans l’isolation d’un bâtiment. En d’autres termes, ce sont des chemins par lesquels la chaleur peut s’échapper de votre logement. Ces ponts thermiques doivent être pris en compte lorsque vous faites isoler votre maison et être traités efficacement pour une performance énergétique optimale.

Les critères à connaître pour une isolation thermique performante

Pour réduire efficacement les déperditions thermiques de votre maison et réaliser des économies d’énergie, il est nécessaire de choisir un isolant performant. Pour être certain que ce dernier possède les bons critères et les capacités souhaitées, il est indispensable de savoir déchiffrer son étiquette et les coefficients indiqués.
 

R : la résistance thermique

La valeur R désigne la capacité d’un matériau isolant à résister aux flux thermiques. Elle est exprimée en mètres carrés kelvins par watt (m2.K/W). Plus cette résistance thermique est élevée, plus le matériau est isolant. Pour information, en rénovation, la valeur R doit être au moins de 6 m2.K/W pour la toiture, de 3,7 m2.K/W pour les murs et de 3 pour les planchers pour que les travaux d’isolation soient éligibles aux aides fiscales et financières. 

Λ (LAMBDA) : la conductivité thermique

Le coefficient de conductivité thermique, exprimé en watts par mètre par kelvin (soit W/m.K), correspond à la quantité de chaleur qui traverse une paroi de 1 mètre d’épaisseur et d’une surface de 1 m². Contrairement à la résistance thermique, la valeur λ doit être la plus petite possible. Retenez que les bons isolants possèdent une conductivité thermique inférieure à 0,060 W/m.K.

À titre d’exemple, les laines de verre les plus performantes atteignent un λ de 0,030 W/m.K, et un panneau de 16 cm de laine de verre correspond à :

  • 48 cm de béton cellulaire.
  • 88 cm de bois.
  • 70 cm de béton.

Un isolant efficace doit posséder une résistance thermique R élevée et une conductivité thermique λ faible.

Pour pouvoir prétendre aux aides à la rénovation énergétique telles que le CITE, vos travaux d’isolation doivent permettre d’atteindre un seuil minimal de résistance thermique.

Isolation : quelle résistance pour quel usage ?

quelle résistance pour quel usage ?
  Valeur réglementaire
en rénovation(*)
Valeur minimale
pour bénéficier du crédit d'impôt
Valeur conseillée
pour le neuf(**)
Combles perdus R= 4,8 R= 7 R= 8
Combles aménagés R= 4,4 R= 6 R= 8
Toiture terrasse R= 3,3 R=  4,5 R= 8
Planchers bas R= 2,7 R= 3 R= 4
Murs extérieurs R= 2,9 R=  3,7 R= 5

 

R=e/λ ( R : résistance thermique en m2K.W; e : épaisseur en mètre ; λ : conductivité thermique en W/m.K)

(*) Valeur règlementaire en zone climatique H1
(*) Valeurs couramment rencontrées pour obtenir une performance globale de la maison conforme à la réglementation RT2012.

Les différents matériaux d’isolation thermique

Il existe sur le marché plusieurs types d’isolants. Certains sont plus faciles à mettre en œuvre que d’autres, plus ou moins épais, plus ou moins sensibles à l’humidité, plus ou moins respectueux de l’environnement, plus ou moins coûteux et plus ou moins performants (c’est-à-dire plus ou moins capables de “résister” aux variations de température en toutes saisons).

Le choix s’effectue en fonction du type de travaux à réaliser, des besoins thermiques et donc des performances attendues, des contraintes liées au bâti et à l’espace intérieur, ainsi que du budget.

 

Les isolants thermiques se répartissent en trois catégories, en fonction de leur origine :

  • Minérale : laine de verre, laine de roche.
     
  • Synthétique : polystyrène expansé ou extrudé, polyuréthane.
     
  •  Végétale : laine et fibre de bois, paille, chanvre, liège, laine de mouton, ouate de cellulose

La laine de verre : la référence pour l’isolation thermique et acoustique

Utilisée depuis des décennies, la laine de verre appartient à notre « patrimoine » en matière d’isolation des bâtiments !

Ses propriétés thermiques et acoustiques ne sont plus à prouver. Bien sûr, du fait des innovations technologiques, la laine de verre d’aujourd'hui n’est plus celle des années 1970. Ses caractéristiques techniques, sa performance et les formats sous laquelle on peut la trouver ont évolué.

La laine de verre, principalement composée de sable et de calcin (verre recyclé), est très facile à utiliser, en raison de sa légèreté, de son élasticité et de sa capacité à être installée partout, même dans des endroits difficiles d’accès comme les combles.

Elle est proposée sous différentes formes : rouleaux, panneaux souples ou semi-rigides à dérouler, panneaux rigides ou flocons.

Enchevêtrée et poreuse, sa structure composée d’un matelas de fibres de verre emprisonne l’air, ce qui confère à cette texture légère et peu encombrante un fort pouvoir d’isolation thermique. Des qualités qui en font aussi une excellente solution en matière d’isolation phonique. Enfin, la laine de verre est naturellement non combustible : elle ne propage pas les flammes en cas d’incendie. Le conseil de l'artisan : Les laines souples ne doivent plus être utilisées qu’en isolation de combles perdus.

Toute autre surface à isoler nécessite des laines à tenue mécanique certifiée par l’Acermi, l’Association pour la certification des matériaux isolants.

La laine de roche : l’isolant thermique par nature

Utilisée depuis de très nombreuses années en isolation, la laine de roche offre d’excellentes propriétés thermiques et acoustiques et s’avère idéale non seulement pour les toitures mais aussi pour les sols. 

La laine de roche est fabriquée à base de matières premières telles que le basalte ou le laitier de haut-fourneau - une matière formée lors de l'élaboration de la fonte à partir de minerai de fer.

On y ajoute des fondants et du coke pour mettre le tout en fusion.

La laine de roche se présente sous la forme d’un « matelas » de laine minérale : est proposée sous forme de panneaux rigides présentant une forte résistance à la compression. 
Ses bonnes qualités de conductivité thermique en font un isolant de prédilection, constamment amélioré, en particulier au niveau de sa faible irritabilité pour les yeux et de sa très grande résistance au feu.

Les produits d'isolation en plastiques alvéolaires

Isolants synthétiques dérivés du pétrole, les produits d’isolation en plastique alvéolaire comprennent les familles du polystyrène expansé (PSE), du polystyrène extrudé (XPS) et du polyuréthane (PUR).
 

Le polystyrène expansé 

Le polystyrène expansé (PSE), de couleur blanche ou grise, est fabriqué à partir de l’assemblage de plusieurs molécules de styrène (polymérisation), ce qui lui donne son nom de « polystyrène ». Il se présente sous forme de billes sphériques de petit diamètre (de 0,2 à 0,3 mm). Composé à 98 % d’air, il est peu consommateur de matières premières. C’est un matériau qui offre une excellente isolation et qui est très économique. Les applications du polystyrène expansé sont multiples : sols, murs, terrasses ou toitures plates.

Le polystyrène extrudé

Le polystyrène extrudé (XPS) offre des performances thermiques très fortes.

Ce matériau de couleur bleue est quasiment insensible à l’humidité et possède une résistance élevée à la compression et au fluage (lente déformation ou perte d’épaisseur irréversible). Les applications les plus courantes concernent les sols, les toitures plates et l'habillage des soubassements.

Le polyuréthane

Les isolants en polyuréthane (PUR) sont fabriqués via le moussage d’un composé de différents éléments (polyols, méthylène diisocyanate, agents gonflants, additifs). Ils existent sous forme de panneaux (dans ce cas le composé est encapsulé entre deux parements d’aluminium très fins destinés à assurer l’étanchéité à l’air et la tenue dans le temps de l’isolant) ou sous forme de mousse à projeter. Doté d’un très grand pouvoir isolant, il résiste à l’eau et à la compression, ce qui en fait un candidat intéressant pour l’isolation des toitures circulables.

Les isolants naturels ou biosourcés 

On entend par « matériau bio-sourcé » ou « bio-matériau » tout matériau issu de la biomasse animale ou végétale (matière première renouvelable) qui contribue à la réduction des émissions de gaz à effet de serre et au stockage temporaire du carbone. 

Les principaux matériaux bio-sourcés sont le bois et ses dérivés, la paille, le chanvre, le liège et la laine de mouton.

Sous quelle forme mettre en œuvre l’isolant ?

Pour choisir le bon isolant, il ne faut pas prendre en compte uniquement la matière qui le constitue (laine de verre, fibre de bois, polystyrène expansé…), mais aussi la forme sous laquelle il se présente : rouleaux ou panneaux souples, semi-rigides, rigides, ou en vrac. 


Dans le cas d’une isolation thermique des planchers, c’est souvent un isolant rigide qui est préconisé. Pour l’isolation des murs et des combles aménageables, c’est à minima un isolant semi-rigide, doté de solides performances mécaniques, qu’il convient d’utiliser. De fait, un isolant souple ne possède pas la tenue mécanique nécessaire et interdit  par les règles de l’art en France. En revanche, pour assurer l’isolation thermique et phonique du plancher des combles perdus, un isolant souple, de type laine de verre peut être utilisé. 

Quelle forme d’isolant pour quel usage : les règles de l’art en France

Quelle forme d’isolant pour quel usage : les règles de l’art en France
  Isolant projeté Isolant en vrac Isolant souple Isolant semi-rigide Isolant rigide
Toiture       X X
Murs       X X
Cloisons     X X X
Planchers bas X   X X X
Plancher intermédiaire   X X X X
Combles aménagés       X X
Combles perdus   X X X X

Les conseils de l'expert L'Artisan

Pour une utilisation appropriée des différents isolants thermiques et une mise en œuvre dans les règles de l’art, votre artisan est le mieux placé, puisqu’il tiendra compte de leurs performances, de leur épaisseur et de leur nature (rigide, semi-rigide, souple ou en vrac).

L'Artisan

Quels sont les points de vigilance lorsque l’on se lance dans l’isolation de son logement

Lorsque l’on décide d’isoler son logement, il y a plusieurs points d’attention à vérifier afin d’éviter les déconvenues.

 

La gestion de l’hygrométrie, l’étanchéité à l’air et l’adaptation du système d’isolation à la nature de votre bâti

Une excellente étanchéité à l’air est nécessaire pour limiter les déperditions thermiques et atteindre une isolation performante : c’est la raison pour laquelle des membranes d’étanchéité à l’air (associées à une fonction de gestion du taux d’humidité, autrement appelée hygrométrie)  interviennent dans la plupart des systèmes d’isolation. 

Dans tous les cas, il faut aussi penser à la perméabilité à l’air du bâtiment et trouver un subtil équilibre entre l’étanchéité à l’air et la respiration du bâti. En effet, pour conserver un habitat sain – et c’est un point particulièrement important dans le bâtiment ancien -, il est important que les parois de votre logement conservent leur capacité à sécher et à évacuer l’humidité pour garantir la durabilité de la structure et des matériaux. Pour cela, l’isolant ou le système d’isolation que vous choisissez peut intégrer des membranes hygrorégulantes (des membranes qui régulent l’humidité). Il doit être compatible avec les matériaux dans lesquels vos murs sont construits.

La question de la ventilation

Un logement mieux isolé, c’est souvent un logement avec une étanchéité à l’air renforcée, et dont l’air ne se renouvelle plus « naturellement » par les fuites d’air que l’isolation a faites disparaitre. 

Il est donc essentiel de revoir la ventilation de votre habitat et de s’assurer d’un bon renouvellement de l’air intérieur afin d’éviter accumulation d’humidité, moisissures et mauvaise qualité de l’air liée au confinement.

Un système de Ventilation Mécanique Contrôlée (VMC), c’est-à-dire limitant les déperditions de chaleur l’hiver et de fraicheur l’été, est donc un complément indispensable pour votre bien-être thermique.

Le choix de votre artisan

Les techniques d’isolation sont très variées selon la configuration du chantier et les matériaux constituant le bâtiment mais dans tous les cas, il convient de s’orienter vers un professionnel formé et labellisé Reconnu Garant de l’Environnement qui respectera les Réglementations Thermiques en vigueur, vous conseillera les matériaux les plus performants et répondant aux exigences de performances desdites réglementations et les mettra en œuvre selon les règles de l’art pour un résultat pérenne et de réelles économies d’énergie. 

Par ailleurs, passer par un professionnel RGE est un prérequis pour pouvoir prétendre à la plupart des aides aux travaux, et notamment le CITE ou l’Eco-PTZ.

 

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